De la bonne compagnie entre époux : de l’épouse vers l’époux

mariage_arSi l’affection, l’amour et la sérénité sont la base d’une relation conjugale harmonieuse, il reste que le mariage est une entreprise qui est entourée de règles afin de préserver la dignité et l’honneur de chaque partenaire engagé dans une telle relation.

L’Islam a fait de la relation entre les époux, une relation basée sur l’égalité de l’homme et de la femme en droits et en devoirs, conformément à la parole d’Allah dont le sens : «Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles. » De même que la femme a des droits sur son mari, comme dépense, vêture, logement et bonne compagnie, celui-ci a sur elle des droits que nous allons aborder dans cet article, qui complète le précédent concernant les droits de l’épouse.

La relation conjugale dans le Coran

Dans le Coran, Allah (ST) décrit la relation entre la femme et l’homme, une relation d’égalité de deux êtres avec une prééminence de l’homme, de par sa nature physique notamment. Devant une société polythéiste et esclavagiste de l’époque, considérant la femme comme une chose qui s’achète et qui se vend, les versets coraniques venaient changer les mentalités et engager une rupture avec les cultures ancestrales tribales. Ainsi, la femme a pu, à l’époque prophétique se libérer de ce poids et prendre sa part entière dans tous les domaines de la gestion de la cité : à choisir son époux par amour, à demander le divorce, à participer au combat, à enseigner, à diriger, à faire du commerce, à posséder ses biens, à s’opposer, à voter …

MariageLa vie conjugale du Prophète (PSL)

Et l’exemple même du prophète (PSL) avec sa première femme Khadijâh (G), est un modèle pour les jeunes époux. Elle a été son premier amour, son amie intime, sa consolatrice, sa protectrice, sa conseillère et sa seule femme, jusqu’à sa mort. Dans une société où la polygamie était chose courante et n’aurait choqué personne, le prophète (PSL) n’a épousé aucune autre femme en même temps que Khadijâh (G).  Son amour et son affection pour Khadijâh (G) étaient tels que même après son décès, il continuait à honorer ses amies et ses proches, à tel point que ses autres épouses en étaient jalouses, du fait que le prophète (PSL) l’a cite en bien.

Et lorsque le Prophète (PSL) se remaria plus tard, et qu’il eut plusieurs épouses, alors qu’il avait dépassé la cinquantaine, ses femmes avaient le choix, jouaient le rôle de conseillères, d’infirmières durant les guerres, voire s’opposèrent à lui à tel point qu’il envisagea de se séparer d’elles toutes.

Aussi, je conseille aux frères et sœurs, qui envisagent de se marier, de jeter un coup d’œil à la vie privée du Prophète (PSL) et d’en faire leur modèle, au lieu de se permettre des dérives en se basant sur le droit musulman et des hadiths, soient faibles (Daîif) ou encore inventés (mawdûu).

Dialogue et concertation

Allah (ST) dans le Coran, parle de dialogue, de concertation, de conciliation et même en cas de dispute et de querelle de trouver un terrain d’entente et de faire jouer un arbitrage d’une personne défendant chaque côté.

La concertation, valeur essentielle et civilisationnelle, est recommandée à tous les niveaux. Allah cite la concertation même dans le simple fait de décider le sevrage d’un enfant. Allah (ST) dit en ce sens : « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. … Et si, après s’être consultés, tous deux tombent d’accord [les parents] pour décider le sevrage, nul grief à leur faire»[Al Baqarah, La Vache, 2 – 233]

Et même en cas de divorce la bienséance est de mise : “Le divorce est permis pour seulement deux fois. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec gentillesse. Et il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur aviez donné, – à moins que tous deux ne craignent de ne point pouvoir se conformer aux ordres imposés par Allah.[Al Baqarah, La Vache, 2 – 229]

Concept de l’obéissance – Tâa – de la femme à son mari

نزاعPlusieurs hadiths insistent sur le droit de l’époux à l’obéissance (Tâa) de sa femme. Citons en exemple ce hadith rapporté par Al-Hâkim d’après Aïsha (G) qui disait : « J’ai demandé à l’envoyé d’Allah, quelle était la personne qui avait le plus de droit sur la femme ? » Il dit : « Son mari. » Elle dit : « Quelle est la personne qui a le plus de droit sur l’homme ? » Il répondit : « Sa mère » ».

Si le terme d’obéissance sonne fort aux oreilles de nos sœurs, il n’est pas synonyme d’asservissement et d’humiliation. La femme observe l’autorité de son mari due à l’amour, au respect et à l’estime, afin que la vie du couple et de la famille soit organisée. L’islam a organisé aussi bien le petit cercle de la famille que le grand cercle de l’état. Et il a donné à l’homme la charge de diriger cette entreprise et son accord est nécessaire pour le bon fonctionnement. Obtenir l’agrément de son mari est l’une des plus grandes œuvres qu’une épouse puisse accomplir, tant que cela ne constitue pas un sacrilège ou un péché sanctionné parle droit.

Et c’est cela la prédominance que lui a donné Allah : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris) »[An-Nisâe, Les femmes, 4 – 34] Sans respect de l’autorité, il est impossible que la famille s’organise mais c’est plutôt l’anarchie qui s’installe et chacun fait ce qu’il veut, ce qui conduit à la destruction de la cellule familiale.

Reconnaître et respecter cette autorité, est l’équivalent pour la femme de la valeur du Jihad. Le prophète (PSL) a montré à la femme le chemin au Paradis, il dit : « Si la femme accomplit ses cinq prières, et préserve sa personne de commettre l’adultère, et obéit à son conjoint, elle entre au Paradis par n’importe quelle porte, elle veut. » Oum Salama – Qu’Allah agrée – dit : Le Messager d’Allah (PSL) dit : “Toute femme qui décède, dont le mari est satisfait, entre au paradis.” (Tirmidhi).

Ibn Abbas (G) rapporte : qu’une femme est venue au prophète (PSL) et lui dit : « Je suis l’émissaire des femmes vers toi : voilà qu’Allah a prescrit le combat pour défendre le pays aux hommes, s’ils sont blessés, ils sont récompensés, et s’ils meurent, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, et nous les femmes, nous sommes à  leur service, récoltons nous quelque récompense sur cela ? L’envoyé d’Allah dit : « Fais savoir à qui tu trouves parmi les femmes, que l’obéissance au mari, et la reconnaissance de son droit est l’équivalent de cela, mais peu d’entre vous le font. »

Quels sont les aspects de cette autorité ?

Respecter son mari dans son foyer, sa fortune et en elle-même est le cœur de cette autorité. L’époux ne doit pas utiliser cette autorité pour imposer ses caprices ou exiger des choses interdites par Dieu. L’épouse demande l’accord de son mari, pour sortir, pour accomplir des actes surérogatoires, comme le jeûne ou le pèlerinage. Elle ne doit pas accueillir chez elle, une personne qu’il déteste. Abdallah ibn Omar (G) rapporte que l’Envoyé d’Allah dit : « Le droit du mari sur sa femme, est qu’elle ne doit pas se refuser à lui même s’il était sur le dos de sa monture, qu’elle ne jeûne pas un seul jour sans sa permission sauf le jeûne obligatoire, et si elle fait, elle commet un péché, et son acte ne sera pas accepté, qu’elle ne donne rien de son foyer sans sa permission, et si elle fait, le mari obtient la récompense, et la femme le fardeau du péché, et qu’elle ne sorte pas de chez elle sans sa permission, et si elle fait, Allah la maudit ainsi, que les anges de la colère, jusqu’à ce qu’elle se repente où qu’elle revienne, cela même si le mari est un injuste. »

Confidence et loyauté

Parmi les droits de l’époux aussi, que sa femme préserve ses biens et son honneur en sa personne à elle et de ne permettre à  personne d’entrer chez lui sans son autorisation. Le prophète (PSL) dit : « Voulez-vous que je informe du meilleur trésor que peut avoir un homme ? C’est la femme vertueuse, qui lorsqu’il la regarde, elle lui plait, et lorsqu’il lui demande une chose, elle la lui accorde, et quand il s’absente d’elle, elle le préserve dans ses biens et sa personne. » Allah décrit les femmes vertueuses par ce verset dans le sens : « Réciproquement, les bonnes épouses sont dévotieuses et gardent dans l’absence ce que Dieu sauvegarde. »[An-Nisâe, Les Femmes, 4 – 34] (Traduction de Jacques Berque).

FamillePrendre soin du bien-être de sa famille et des enfants

Malgré l’émancipation que la femme ait connu, il reste qu’elle continue à s’occuper des affaires du foyer, dans la préparation des repas, et tout ce qu’habituellement une femme accomplit chez elle pour tenir sa maison. Le service de la femme auprès de son mari a été rapporté dans la tradition prophétique, que les femmes du prophète (PSL) s’affairaient à son service et vaquaient aux besoins de la maison. Le prophète (PSL) aidait ses femmes à la tâche, comme rapporte Aïsha (G) qui a été interrogé sur la participation du prophète (PSL) aux tâches ménagères, elle répondit : « Il était au service de sa famille, et quand l’heure de la prière arrivait, il allait faire la prière. »

Citons cette histoire de Ali (G) et de Fatima (G), relatée par Ali (G) et rapportée par Boukhari et Muslim. Ali (G) dit à Ibn Abad : « Veux-tu que je te raconte une histoire me concernant et concernant Fatima, la fille du Prophète (PSL) ? Alors, qu’elle était la plus chère au prophète (PSL) et elle était ma femme. Je dis : oui. Il dit : « Elle avait tourné le moulin jusqu’à ce que sa main en soit meurtrie, et elle puisa de l’eau avec la jarre, jusqu’à ce qu’elle la blessa au cou, et elle a balayé la maison, à tel point que tous ses habits étaient pleins de poussière, entre temps le prophète eut des serviteurs. Alors je dis : « Pourquoi tu n’irais pas demander à ton père un serviteur ? » Elle alla vers son père mais le trouva occupé par des visiteurs. Ce dernier lui rendit visite le lendemain, et dit : «de quoi avais-tu besoin ? » mais elle se tut, je dis alors : « je vais te dire, Ô Messager de dieu ! Elle tourna le moulin et ses mains en furent meurtries, et elle porta la jarre à tel point que son cou fut blessé, et quand on a vu les serviteurs, je lui ai proposé de t’en demander le service d’un serviteur qui la soulage» Il dit alors : « Crains Allah, Ô Fatima, et accomplis l’obligation de ton seigneur, et sois au service de ta famille, et quand tu te mets au lit pour dormir, glorifie Allah, 33 fois, et cite Ses louanges 33 fois, cite Sa grandeur 34 fois, cela est bien meilleur pour toi qu’un serviteur. » Elle dit : « J’accepte cela de la part d’Allah et de son prophète. Et il ne lui donna pas de serviteur. » Ainsi, voici, la plus noble des femmes du monde, était au service de son mari, et se plaignit au Prophète (PSL) mais il n’écouta pas sa requête et il n’obligea pas son mari à lui prendre une aide ménagère.

femme-musulmane_promenadeCloître ou promenade ?

Entre des maris qui veulent cloîtrer leur femme, et d’autres qui ne s’inquiètent guère de leur femme, qui peut rentrer à pas d’heure, il y a un juste milieu. Certains aspects ont alimenté l’imaginaire occidental comme les milles et une nuits ou les fastes nuits des femmes cloîtrées dans un Harem !

Le Coran recommande à la femme, de préserver sa personne de la convoitise masculine, en restant à la maison et de ne sortir qu’en cas de besoin, comme une détente, acquérir un savoir, rendre visite à de la famille, ou rendre un service afin qu’elle se consacre à l’éducation des enfants et à la gestion du foyer.  Si la femme est de sortie, elle se garde d’exhibition de ses atours. Allah dit : « Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes d’avant l’ Islam (Jâhiliya). »

Rester à la maison veut dire que la femme n’a pas à traîner dans les rues, avec pour but de se faire belle et de séduire les hommes, qu’elle ne doit pas traîner dans les marchés sans nécessité, et de faire le tour des voisins pour collecter les commérages, ou encore dévoiler les affaires intimes de son couple, ni perdre son temps et qu’elle laisse son foyer livré à lui-même, sans s’occuper de ses enfants et de son mari.

Cependant rester chez soi, ne veut pas dire non plus, être emprisonnée. La femme peut sortir respirer l’air, rendre visite aux parents et aux proches, accomplir la prière à la mosquée, fréquenter les lieux d’apprentissage et de science, surtout si son mari est incapable de le lui enseigner, car l’imam Al-Boukhari rapporte dans son livre Fath al bari, que le prophète disait : « Certes Allah, vous a autorisé de sortir pour vos besoins. »

se_faire_belleSe faire belle sans limite

Le mari a droit aussi, à ce que sa femme se fasse belle pour lui, en se maquillant et en mettant ses plus beaux habits, ceux-là même qu’on laisse pour les mariages et qu’on ne fait voir aux autres lors d’invitations et pas au mari, qui en a payé le prix fort ! Kaftans, Robes de soirée,… fendues, dorées … que le mari n’a jamais vu !
Pour l’anecdote, une femme marocaine revenant d’un mariage, fait voir des photos sur son portable à son mari, qui au bout d’un moment, voit une femme qui revient souvent sur les photos, et au bout d’un moment, il demande à sa femme, qui est cette belle femme que tu as pris sur les photos ? Elle se tourne vers lui, et lui dit : “Mais c’est moi avec la nouvelle takchita (robe) que tu m’as faite durant cet été !” … À méditer mes chères sœurs !  Une femme, qui accueille son mari, revenant du boulot en robe, kaftan voire takchita, ne serait-ce que quelques jours spéciaux dans l’année, comme l’anniversaire de mariage, ou de naissance d’un des enfants, ou des fêtes religieuses, est très apprécié, que trouver sa femme en rentrant du travail, avec le tablier de cuisine, la farine sur le front, et l’odeur de cuisson dans les cheveux … pensez à la longue ce que ça pourrait produire comme  sentiments, voire comme comportement !

Faites vous belle que les yeux de votre mari ne tendent pas à regarder ailleurs !  Dans notre société érotisée dans tous les coins ! Et le beau-temps arrive ! (vous voyez ce que je veux dire  !)  Abdullah ibn Abbas (G) disait : « Je me fais beau pour ma femme comme j’aime qu’elle se fasse belle pour moi. » L’embellissement et la beauté de la femme est quelque chose de demandé au sein du couple, chose qui a sa part dans la durabilité de l’affection et de l’amour.

harmonieUne vie conjugale heureuse et harmonieuse

Ainsi, ceux-là sont quelques aspects importants qu’Allah (ST) a instauré dans la relation conjugale afin que le bonheur et l’affection sévissent entre les membres de la famille et que la famille soit mieux organisée dans ses affaires, et qu’elle soit imprégnée des enseignements de l’Islam, dans tous les aspects de la vie du foyer. Qu’elle puisse donner à la société une génération croyante, proche de Dieu, ayant une forte personnalité et non une génération loin de la foi et de l’éthique, des marginaux et des psychopathes, livrés à eux-mêmes qui nuisent à la société et à  leur famille.

Qu’Allah vous garde, vous comble d’une famille heureuse et vous accorde bonheur ici-bas et dans l’au-delà.

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