Ibrahim et Ismaïl [Paix sur eux], leçons de foi et de sacrifice

Mes chères sœurs, mes chers frères,
Je commencerai par vous souhaiter à toutes et à tous, une bonne fête du sacrifice – Aïd Moubarak – pleine de foi, d’amour, de santé pour vous, vos familles et vos proches. Qu’Allah agrée vos sacrifices et vos actions et vous les compte parmi les bonnes œuvres qui font accéder au Paradis.

 J’aimerais cependant, vivre avec vous quelques instants de foi, avec l’histoire de ce grand prophète qu’est Ibrahim – Abraham, dans la tradition judéo-chrétienne. Restons avec ces paroles de Dieu, qui nous content dans sourate Assaffat [37] : «Seigneur, supplia-t-il, veuille m’accorder une vertueuse postérité !» [101] Nous lui annonçâmes alors que son foyer serait égayé par la naissance d’un garçon plein de sagesse. [102]” 

Première épreuve

Abraham laisse Hajar et Ismaël dans le désert

Ibrahim quitta son peuple, après leur avoir démontré la fausseté de leurs idôles et survécu au bûcher, qui lui était dressé, par la grâce de Dieu. Miracle éternel !  Et fit cette invocation à Dieu de lui accorder une descendance. A savoir, Ibrahim (PSL) était devenu vieillard et était marié à Sarah, et n’espérait plus d’enfants. Allah, répondant à son appel après qu’il ait désespéré d’avoir des enfants. Mais comment cela s’est-il passé ? Sarah, proposa à Ibrahim de prendre sa servante Hajar, pour épouse. Hajar, qui était égyptienne et née d’une lignée noble, lui donna un fils, Ismaël. Et Dieu accomplit son Ordre divin. Chaque homme espère avoir un enfant, qui perpétue son nom, mais, cela est aussi une épreuve. Car à peine était-il devenu un petit bébé, que Dieu, ordonna à Ibrahim, d’emmener sa femme Hajar et de la laisser dans la vallée de la Kaaba. Voici ce que dit le Coran de ce passage à travers la bouche de Ibrahim, dans sourate Ibrahim : “Seigneur, j’ai installé une partie de mes descendants dans une vallée sans culture, auprès de Ton oratoire sacré afin, Seigneur, qu’ils puissent accomplir la salât ! Seigneur, dispose en leur faveur les cœurs d’un certain nombre d’hommes ! Veille à leur procurer des fruits pour leur subsistance. Peut-être seront-ils reconnaissants. “[Ibrahim, 14 – 37]

Cet enfant tant voulu, tant chéri, il le laisse avec sa femme, en plein désert sans eau, ni nourriture. Hajar, voyant son mari, rebrousser chemin, s’écria : “Est-ce Dieu qui t’ordonne cela ? Est-ce Dieu qui t’ordonne cela ?” et devant le silence approbateur de Ibrahim (PSL), elle dit, pleine de foi, de certitude, dans un moment où toute autre femme, le traiterait de tous les noms : “Alors, Il ne nous laissera pas !

Voici ce que fait la foi en Dieu, en Sa Sagesse, en Son amour, en Sa clémence et en Sa Grâce. Ibrahim, qui répond à l’appel de Dieu en laissant cet enfant tant désiré, et cette femme qui l’a comblé d’un fils. Ne sachant qu’adviendra-t-il d’eux ! Et Hajar, cette femme, pleine de confiance en Dieu, qui accepte son sort. Mais une foi active ! Car Hajar, ne restera pas les bras croisés, assise avec son bébé, attendant que le ciel pleuve de nourriture ! Elle chercha partout de l’eau pour son bébé, et de la nourriture et de là, jaillit sous les pieds de Ismaël, la source des puits de Zamzam, abreuvant depuis des siècles des hommes et des femmes, se dirigeant vers Dieu. De ces gestes, de ces actes de foi, on retrouve tout le rituel du pèlerinage que font les musulmans à la Mecque durant le mois de Dhou Al Hijja, et dont les actes culminent le jour de Arafa et finissent par le jour du Sacrifice.

Autre leçon de foi :

” Et lorsque l’enfant fut en âge d’accompagner son père, celui-ci lui dit : «Mon cher fils ! J’ai vu en songe que je t’immolais. Vois ce qu’il y a lieu de faire !» – «Père, dit l’enfant, fais ce qui t’est ordonné. Tu verras, s’il plaît à Dieu, que je suis de ceux qui savent s’armer de patience dans l’épreuve.» [103] Tous les deux s’étaient résignés à la Volonté divine. Et déjà le père avait couché le front de son fils contre terre, [104] lorsque Nous l’appelâmes : «Ô Abraham ! [105] Tu as ajouté foi à ta vision ! C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien.» [106] En vérité, ce fut là une bien rude épreuve. [107] Nous rachetâmes l’enfant par une offrande de grande valeur. [108] Et Nous perpétuâmes son renom dans les générations ultérieures. [109] Paix sur Abraham ! [110] C’est ainsi que Nous récompensons les gens de bien ; [111] Abraham était un de Nos fidèles serviteurs. [112] Nous lui annonçâmes également l’heureux avènement d’Isaac, comme prophète parmi les saints. [113] Et Nous lui accordâmes Notre bénédiction ainsi qu’à Isaac . Mais, parmi leur descendance, il y eut des hommes de bien et d’autres manifestement injustes envers eux-mêmes. [Sourate Assaffat – 37 – الصَافات]

Ismaël grandit et devint un jeune ado, qu’Ibrahim venait visiter avec sa mère de temps à autre. Mais ce soir là, Ibrahim, fit un songe, qui a valeur de révélation pour les prophètes. Encore une épreuve où Dieu lui demande d’immoler ce fils tant désiré, et qui maintenant est en âge d’accompagner son père. Et là, on constate l’attitude extraordinaire de Ibrahim, de Ismaël, et de Hajar. Une famille, liée par l’amour de Dieu, qui nourrit leur lien affectif ! Ibrahim (PSL) s’adresse à son fils, avec des termes où se mêlent amour et respect. Ibrahim va se concerter d’une question importante avec son fils. Une question, qui concerne la vie et le devenir de son fils. Une situation, qui nous apprend la concertation comme valeur musulmane. Ibrahim, Prophète envoyé de Dieu, aurait pu appeler son fils, l’emmener à un endroit puis, exécuter la sentence sans en lui parler. Mais que non ! Ibrahim nous apprend, que les parents auront grande estime dans le cœur de leurs enfants, lorsqu’ils se concertent avec eux, de la vie familiale, de leur avenir et cela ne diminue en rien, leur rôle de père ou de mère.

Que répond Ismaël (PSL) ? Il ne dit pas à son père : “Eh, le vieux ! t’es devenu fou ! On va t’enfermer dans une maison de retraite ou dans un asile !!” Mais il répondit à son père de la meilleure manière qu’un père aimerait entendre son fils. Il s’adresse à son père, avec amour et respect. Et lui dit d’accomplir ce que Dieu lui avait ordonné, et qu’il demande à Dieu de lui accorder la patience et de supporter la douleur de la lame autour de son cou ! Y a-t-il plus grand sacrifice ? Sacrifier son fils, sacrifier sa vie !

Et ils s’en allèrent tous les deux, vers leur destin. Le cœur rempli de foi, de dévotion ! N’oublions pas Hajar, la maman ? Imaginez qu’aurait-elle fait ? Quel acte de foi ?

Et Dieu par sa miséricorde et Son amour pour Ses créatures, et Son amour pour sa plus belle créature l’être humain, qu’Il a anobli, honoré et lui asservi tout ce qui est sur terre, sur les mers, et dans l’espace, envoya un bélier pour racheter la vie de Ismaël. Et ce n’était qu’une épreuve que Dieu fait passer à Ibrahim, pour lui donner bien plus que cela.

Imaginez un instant, ce qu’aurait répondu un ado ou une ado à son père ou à sa mère, s’il lui disait d’aller chercher du pain à la boulangerie ! de descendre la poubelle, de garder ses frères et sœurs, ou d’aider à la maison, sans parler des devoirs … !! Entendez vous ces ados comme moi, qui osent appeler leurs parents de “vieux”, de leur crier dessus, voire les insulter ou se moquer d’eux !  Le jour de l’aïd, ce n’est pas manger de la viande qui importe mais de mesurer notre éducation vis à vis de celle de cette famille de prophètes !

Et ce n’est pas fini !

Allah annonce aussi la venue d’un autre enfant, Isaac (PSL), né de Sarah … Avez vous oublié Sarah,  première femme de Ibrahim, qui sacrifia son amour pour son mari, supporter de souffrir de ne pas avoir d’enfants et voir la joie de Hajar avec son fils …?  Voici une autre protagoniste dans l’histoire du sacrifice !

Deux femmes, un homme, deux fils, voici la famille de Ibrahim (PSL), qui de sa descendance naîtront les prophètes et messagers qui vont appeler les êtres humains à reconnaître leur Seigneur et Créateur.

Ainsi, l’avènement de Aïd-El-Adha, fête du sacrifice, me rappelle toujours ses enseignements, qui font de nous des musulmans, intitulé donné par Ibrahim lui-même pour désigner tout simplement des êtres soumis à leur Créateur, Seigneur et Bienfaiteur.

Mes chères soeurs et frères, où en sommes-nous de ces valeurs de sacrifice et foi ?

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